Retraites Nord/Sud

Pour qui ?

Pendant plusieurs années, nous avons proposé aux rhétoriciens de notre école de participer à une retraite de trois jours consacrée au thème des relations Nord-Sud.

 

Comment ?

A partir de différents témoignages, de débats, de jeux, mais aussi de services rendus :
– dans des écoles accueillant des primo-arrivants,
– dans des restaurants sociaux du centre ville (Nativitas et La Rencontre).
Nous tentions ainsi de décoder ce qu’est le mal-développement de nos sociétés riches ainsi que les causes du sous-développement du Sud.
 

Partenaires

Cette expérience se faisait en collaboration avec la Communauté des Potiers implantée rue d’Anderlecht à Bruxelles. Cette Communauté est composée de Religieuses du Sacré-Cœur qui souhaitent vivre avec les pauvres de notre temps.

Pour animer les débats, nous faisions appel (selon les disponibilités) à des représentants de diverses associations (JRS, Ecole sans racisme,…). 

 

Témoignage de rhétos…

Neuf filles motivées, deux profs pour superviser, la Communauté des Potiers, et le projet est lancé !

Il n’y aurait pas assez de mots pour vous expliquer ce que l’on a vécu lors de notre retraite. C’est pourquoi nous allons vous la résumer en quelques phrases.

Le premier jour a été fort en émotion. Tout d’abord grâce à la rencontre de Philippe…
Philippe, un homme au courage exceptionnel,
Philippe, un homme qui a connu le succès mais aussi la rue,
Philippe, un homme qui se relève.
C’est alors que nous avons pris conscience de la dure réalité à laquelle nous allions être confrontées.

L’après-midi commence par une nouvelle rencontre : celle de Solidarcité. Association avec laquelle nous avons fait l’opération thermos. La peur au ventre nous nous dirigeons vers la gare centrale. En chemin nous avons été interpellées par les sans-papiers de l’église Saint-Boniface, avec qui nous avons pu discuter de leur parcours et de leurs ambitions. En sortant, la vision de certaines d’entre nous a changé, pour ne pas dire qu’elle s’est totalement inversée, au sujet de la régularisation des sans-papiers. 

Mais n’oublions pas que le but premier de notre soirée était l’opération thermos. 
Et quelle opération !
A la fois émouvante, touchante et importante autant à nos yeux qu’à ceux des SDF présents. Nous leur avons apporté à manger et eux nous ont apporté leurs sourires. C’est donc toutes rassasiées que nous sommes rentrées.

Après une bonne nuit de « sommeil », nous avons joué au Tiers Mondiopoly pour nous mettre dans la peau d’un paysan du Sud. Nous en avons conclu que grâce à la solidarité et l’entraide, nous pouvions tous survivre.

Nous sommes ensuite passées au Nord dans un restaurant de Nativitas où nous avons partagé le repas des SDF et où nous leur avons préparé des crêpes. Mais nous ne voulions pas en rester là. C’est alors que nous avons eu l’idée de nous fondre aux musiciens et de « mettre le feu » en improvisant danse sur danse jusqu’à mettre une ambiance de folie dans le restaurant !

Après cette expérience toujours plus enrichissante, nous sommes rentrées aux Potiers afin de préparer la soirée. En effet, au programme de celle-ci : spaghetti avec les amis du quartier ainsi que toutes les sœurs et le père Marc qui, avant la soirée, a célébré l’eucharistie à laquelle nous étions conviées. Ce dont nous étions chargées était de mettre en scène des situations vécues par des SDF de manière à essayer de faire rire notre « public ». Bien que nous étions un peu mal à l’aise de rire de ces situations pourtant tragiques. Avec un peu de recul et en relativisant les choses, nous voilà toutes les neuf à fond dans le projet. Et le résultat était plutôt satisfaisant car même les profs se sont prêtés au jeu et nous ont bien fait rire ! Une fois notre « spectacle » terminé, nous nous dirigeons vers la Grand Place de Bruxelles où nous avons fini la soirée autour d’une table, un verre à la main et des souvenirs pleins la tête.

Le lendemain, le réveil fut rude car l’idée que l’on allait vivre notre dernière journée de retraite nous hantait. Mais c’est motivées et toujours avec le sourire que nous avons pris notre petit déjeuner, entouré de nos professeurs, comme une petite famille. Au programme, le visionnage du film « Le cauchemar de Darwin » et échanges d’idées à ce sujet. Film très réaliste, touchant et révoltant.

Pour conclure notre retraite nous avons discuté au sujet de ce que nous, en tant qu’adolescentes bientôt adultes, pouvions apporter ou faire pour rendre ce monde parfois si difficile un peu plus serein.

C’est sur ce dernier « débriefing » de l’ensemble de la retraite et en imaginant notre soutien pour la course parrainée que nous nous sommes quittées. 

Nous tenons à remercier Mrs Pirnay et Cabo sans qui cette retraite n’aurait pas pu se réaliser. Merci à la Communauté des Potiers, plus particulièrement Xuan et sœur Claire pour leur accueil et leur bonne humeur. Ainsi qu’à tous les SDF, les sans-papiers qui nous ont fait partager leur vécu et leurs sourires. 

C’est un groupe soudé qui est ressorti de cette retraite Nord/Sud, grandi et frappé par la générosité de ceux qui donnent mais aussi de ceux qui reçoivent. 

Elodie Amelink
Rizlaine Baakil
Hélen Bonus
Tiziana Bruinings
Andréa Kabuya
Gul Tuncer
Carole Van Caillie
Justine Vander Auwera
Carole Van der Elst