Eucharistie

 

Nous avons cinq étapes dans la célébration de ce sacrement (signe de l’Amour de Dieu pour chaque être humain).

Attention, ne communient que ceux qui ont déjà fait leur première communion. Les autres peuvent choisir entre rester respectueusement en silence à leur place ou aller vers le Prêtre avec les bras croisés sur leurs épaules, afin de demander la bénédiction du Prêtre. 

La messe n’est pas une rencontre entre copains. En réalité, c’est le Christ Qui nous invite à nous rassembler pour nous tourner avec Lui, en communauté, vers le Père. Ce n’est pas nous qui avons inventé la messe mais c’est le Christ qui a institué ce sacrement et qui nous invite au «Festin de l’Agneau». Notre présence à la messe est une réponse à l’invitation que le Christ nous a faite de venir au repas de l’Amour. Trois signes nous le montrent :
1) Les cloches qui sonnent nous indiquent que le Christ nous invite à venir, en Église (communauté des chrétiens) et dans l’Esprit-Saint, nous tourner avec Lui vers le Père.
2) Les habits que porte le Prêtre témoignent que le Prêtre nous accueille au nom du Christ. Le prêtre porte son aube blanche (qui nous fait penser au Christ ressuscité), son étole (qui représente les « bras de Dieu » qui entourent le Prêtre ; le Prêtre agit au nom du Christ) et sa chasuble (qui symbolise la Charité (l’Amour) du Christ). En effet, nous venons à la messe parce que Dieu nous a d’abord invités.
3) Enfin, au début de l’eucharistie, le prêtre nous souhaite la bienvenue de la part du Christ. « Que la Grâce de Jésus notre Seigneur, que l’Amour de Dieu le Père et que le Communion du Saint-Esprit soient toujours avec vous ! » L’assemblée répond : « Et avec votre esprit !»
Avant d’entrer dans l’Alliance à laquelle Dieu nous invite, nous reconnaissons que nous ne sommes pas prêts. En nous tournant vers «Le Soleil d’Amour», nous découvrons les zones d’ombre qui assombrissent notre existence. Nous sommes pécheurs et nous ne faisons pas toujours ce que le Seigneur nous appelle à accomplir. Notre cœur est sali par notre péché (notre «non» à Dieu). Dieu nous propose Son Pardon pour que nous soyons «lavés» de notre péché et que nous puissions pleinement accueillir tout l’Amour dont Il veut nous combler. Notre cœur «s’accorde» à Celui du Père.
Cette démarche est fondamentale car, si nous ne la vivons pas, notre cœur reste enfermé et le Seigneur ne peut y pénétrer. La suite de la messe coulera sur la carapace de notre indifférence ou de notre orgueil. Dieu demeurera un étranger qui reste à la porte de notre cœur et qui frappe délicatement.
Ayant reçu le Pardon de Dieu, notre cœur s’est ouvert et est libéré pour entrer dans le Face-à-face avec le Seigneur qui va se donner à nous de deux façons différentes: tout d’abord par Sa Parole et ensuite par Son Corps et Son Sang.
Les liturgistes disent qu’il existe deux tables dans l’église :
1. La table de la Parole
2. La table du pain et du vin.

Lors du repas auquel nous sommes conviés, nous nous rendons d’abord à la table de la Parole où Dieu va Se donner à nous par Sa Parole. Si nous accueillons Sa Parole en nous et si nous La laissons vivre et grandir en nous, Elle portera beaucoup de fruits. Cette Parole fécondée par l’Esprit-Saint nous rendra semblable au Christ. Nous deviendrons d’autres Christ, chrétiens. Chaque fois que nous allons à la messe, nous sommes invités à écouter la Parole de Dieu, à La laisser descendre en nous pour qu’Elle vive et nous façonne à l’image du Christ. C’est la première façon dont le Christ se donne à nous. Concrètement, cette liturgie se passe différemment que nous soyons en semaine (cinq étapes) ou le dimanche (huit étapes). En semaine (comme cela sera le cas pour la journée « Osons »), nous lisons d’abord une lecture de l’Ancien Testament, suivie d’un psaume, d’une acclamation de l’évangile (Alléluia) et de l’évangile. Parfois, le prêtre fera un bref commentaire sur les lectures (homélie).
Le dimanche ou lors d’une grande fête liturgique, nous lisons d’abord une lecture de l’Ancien Testament suivie d’un psaume. Une deuxième lecture tirée du Nouveau Testament est lue avant que nous n’acclamions l’évangile par le chant de l’Alléluia. Vient ensuite la lecture de l’évangile. Le prêtre réalisera ensuite une homélie.
Le dimanche ou lors des grandes fêtes, après le commentaire du prêtre, l’assemblée sera invitée à deux démarches : proclamer sa foi à travers la récitation du credo qui est le résumé de la foi de l’Eglise et présenter ses intentions de prière.
Après le Face-à-face de la liturgie de la Parole, nous sommes invités à entrer dans le Cœur-à-cœur de la liturgie eucharistique.
Voici les étapes principales de cette liturgie :

1. La préparation des dons et la prière sur les offrandes
Le prêtre présente du pain sans levain tout normal et du vin moelleux banal.

2. La prière eucharistique
a. Cette prière commence par la préface.
b. Elle continue par la « Sanctus » où nous proclamons la sainteté de Dieu.
c. Vient ensuite l’épiclèse où nous invitons l’Esprit-Saint à venir sur le pain et le vin.
d. La CONSÉCRATION est l’étape suivante. Le prêtre va répéter les paroles que Jésus a dites lors de son dernier repas. «Quand l’heure fut venue où tu allais le glorifier, comme il avait aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’au bout: pendant le repas qu’il partageait avec eux, il prit le pain, il le bénit et le donna à ses disciples, en disant: «Prenez et mangez-en tous : ceci est mon Corps livré pour vous.» De même, il prit la coupe remplie de vin, il rendit grâce, et la donna à ses disciples en disant : «Prenez, et buvez-en tous car ceci est la coupe de mon Sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Vous ferez cela en mémoire de moi.» A ce moment précis, Jésus va tenir sa promesse et va «prendre possession» du pain et du vin qui deviendront respectivement le Corps et le Sang du Christ. Cet acte n’a rien à voir avec de la magie mais il est l’accomplissement de ce que Jésus avait promis à ses apôtres lors de la dernière Cène. Ce banal morceau de pain azyme et ce petit fond de vin blanc vont être totalement habités par le Christ. La présence du Christ n’est pas physiquement identique à celle que ses apôtres ont expérimentée sur les routes de Palestine, il y a deux mille ans. Néanmoins cette Présence est réelle. Souvenons-nous des disciples d’Emmaüs, après la mort et la résurrection de Jésus (Lc 24, 13-35). Ils ne se rendent pas compte que c’est Jésus ressuscité qui marche à côté d’eux. Ils sont tristes et découragés. Ils ne reconnaissent sa Présence que lors du repas qu’Il partage avec eux quand Il refait les gestes qu’Il avait accomplis lors de la dernière Cène et célèbre l’eucharistie. Cette Présence réelle a été ressentie de façon très forte par beaucoup de saints. Ce miracle eucharistique se répète lors de chaque messe où nous commémorons que le Christ a donné gratuitement Sa Vie par Amour pour chacun de nous. Lui qui ne devait pas mourir car Il n’avait pas commis de péché, a librement et par Amour accepté de descendre dans la mort pour y libérer l’homme qui en était prisonnier depuis les origines. Il a été relevé, ressuscité par Son Père et a ainsi vaincu la mort. Lors de chaque eucharistie nous commémorons ce mystère fondateur de notre foi. A la consécration, nous pouvons nous laisser «irradier » par les «rayons d’Amour» qui sont présents dans l’Hostie consacrée. C’est pourquoi après l’élévation du Corps et du Sang du Christ, les personnes présentes dans l’assemblée sont invitées à s’incliner respectueusement devant l’Hostie consacrée et le Calice.
Ce temps de la consécration est un moment de Grâce. Nous pouvons en profiter pour présenter à Jésus qui vient dans le pain et le vin une personne ou une intention. Notre cœur peut entrer dans ce Mystère qui se produit sous nos yeux pour participer à la Résurrection du Christ et entrer dans un chemin de Vie dès aujourd’hui.
e. Nous récitons ensuite l’Anamnèse qui est le rappel du mystère de la foi : «Il est grand le mystère de la foi: Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire».
f. Nous continuons la prière eucharistique en nous unissant au Christ, en priant pour l’Eglise entière (le pape, l’évêque du lieu, tous les évêques, les prêtres et l’assemblée), pour les défunts. Nous demandons aussi au Père Qu’Il nous accorde la vie éternelle auprès de la Vierge Marie, des apôtres te des saints de tous les saints.
g. Nous clôturons la prière eucharistique par le «Per ipsum», une grande et belle prière, récitée par le prêtre uniquement, qui s’adresse à la Trinité: «Par lui, avec lui et en lui, à toi, Dieu le Père tout-puissant, dans l’unité du Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire, pour les siècles des siècles». L’assemblée répond: «Amen».

3. La prière du Seigneur Jésus : le Notre Père
L’assemblée va réciter la prière que Jésus nous a apprise: le Notre Père.

4. Le don de la paix
Le prêtre ou le diacre donne la Paix au nom du Christ et invite parfois les membres de l’assemblée à la partager entre eux.

5. L’Agnus Dei et la fraction du pain
Le prêtre et l’assemblée récitent ou chantent «l’Agneau de Dieu».

6. La communion
C’est un autre moment très important de l’eucharistie. Avant de communier, le prêtre nous déclare heureux car nous sommes invités au repas du Seigneur. Nous répondons : «Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir ; mais dis seulement une parole et je serai guéri».
Dieu s’unit à nous pour que nous soyons unis à Lui. Après le Cœur-à-cœur de la prière eucharistique, nous en arrivons au Corps-à-corps. L’union avec le Christ devient très intime. Il m’avait parlé par Sa Parole précédemment. Maintenant, Il se donne par Son Corps. Nous sommes invités à devenir Celui que nous recevons. Nous sommes dans une commune union.
Après avoir communié, je reste dans le silence pour accueillir le Roi des rois en moi et Le laisser vivre en moi, même si je ne ressens rien. L’essentiel n’est pas de sentir la Présence de Dieu mais d’être en Sa Présence. Je n’entends peut-être rien, je ne sens probablement rien mais Il est là et c’est l’essentiel. Son action en moi se fait au-delà du ressenti. Je découvrirai peut-être après la messe les fruits de Sa Visite en moi. Je n’aurai plus envie de dire du mal des autres. Un désir de pardonner sera né en moi. Je serai plus paisible ou plus joyeux. Je porterai un nouveau regard sur les personnes que je rencontre…
Il est bien évident que je ne suis PAS obligé d’aller communier. Il se peut que je ne croie pas en Dieu, que je n’aie pas été baptisé ou que je ne désire pas entrer dans la communion avec le Christ. Dans ce cas, je puis me présenter devant le Prêtre, avec les bras croisés sur mes épaules, en lui demandant de me bénir, en me faisant une croix sur le front. Je puis aussi décider de ne pas me présenter devant le prêtre ou la personne qui distribue la communion. Je reste à ma place et je RESPECTE la démarche de mes condisciples en restant dans le SILENCE.
Le prêtre ou le diacre nous envoie en disant: «Allez dans la paix du Christ». L’assemblée répond: «Nous rendons grâce à Dieu». Nous sommes envoyés pour être les témoins de Celui que nous avons reçu. La messe ne se termine pas à la sortie de l’église mais elle continue pendant toute notre journée et notre semaine. Cet envoi nous fait penser au moment où Jésus envoie ses disciples en mission. Ayant vécu la messe, nous devenons des missionnaires. C’est une fameuse responsabilité ! Heureusement nous sommes portés par l’Esprit-Saint que nous avons reçu. La Parole de Dieu continuera de grandir jour et nuit pour autant que notre cœur reste ouvert. La Présence réelle que nous avons accueillie vivra en nous et nous fera vivre selon Sa Volonté. La messe est en quelque sorte une oasis où je suis venu me désaltérer. Ce temps ressemble un peu à l’épisode de la transfiguration (Mt 17, 1-9). Les apôtres seraient bien restés plus longtemps sur cette montagne mais Jésus les invite à redescendre et à continuer leur mission.
A notre tour partons en mission dans l’humble quotidien de nos existences sûrs que le Christ nous y précède.